5 films d’alpinisme extraordinaires à voir (ou revoir)

Vous avez toujours été fan des grands espaces ? Toujours voulu gravir les plus hauts sommets ou même rêvé de l’ascension de l’Everest, du K2 ou du Kangchenjunga? Cette sélection de 5 films d’alpinisme vont alors vous inspirer, vous faire pleurer ou mieux encore, vous pousser à planifier votre première ou prochaine sortie d’alpi!
Vous comprendrez qu’une préparation minutieuse est la clé d’une ascension et d’une descente réussies, mais aussi que la malchance a parfois frappé les plus expérimentés…

Everest (2015)

Inspiré des tragiques événements survenus en 1996 lors du drame des 10 et 11 mai 1996 (huit morts), ce film d’alpinisme salué par la critique, traite de ces terribles journées avec justesse et réalisme. Contrairement à ce qui est souvent rapporté, le film ne se base pas sur le livre best-seller Into Thin Air de Jon Krakauer, mais sur les mémoires du Dr. Beck Weathers, un rescapé de ces deux journées, bien que les deux écrits traitent des mêmes journées.

Les événements se déroulent début Mai 1996, lorsque deux guides de montagne chevronnés sont à la tête d’expéditions concurrentes. Les personnages sont largement inspirés des alpinistes réellement impliqués dans la tragédie. Nous suivons leur parcours brièvement à travers de discours sur la sécurité, la motivation et sommes témoins de leurs premiers essais avant la tentative de « summit » finale.

Les divergences concernant l’itinéraire à choisir et les problèmes de  préparation dans les échanges entre le chef d’expédition américain Scott Fisher (Jake Gyllenhaal) et le chef d’expédition néo-zélandais, Rob Hall (Jason Clarke), y sont rendus de manière très crédibles.

Everest est particulièrement intéressant en tant que film d’alpinisme en ce qu’il aborde les raisons personnelles par lesquelles chaque alpiniste justifie de sa décision de partir escalader l’Everest. C’est donc une narration, pour tragique qu’elle soit, qui ne sombre pas dans un pathos exagéré.

Ce film montre également avec réalisme comment cette tragédie d’alpinisme naît d’une succession de petites erreurs et de contretemps, et peut-être aussi de l’impréparation (relative) des alpinistes amateurs venus réaliser leur rêve. On y retrouve également avec acuité tous les éléments des expéditions d’alpinisme: petites rivalités, doutes, solidarité, et bien sûr des panoramas et des vues imprenables (une partie du film a été tourné au Népal).

C’est un très beau film d’alpinisme, qui vaut vraiment le détour, non seulement pour ses plans cinématographiques magnifiques, mais aussi pour sa mise en valeur des dimensions intimes et humaines de chaque expédition en haute altitude.

 

The Summit (2012)

documentaire d’alpinisme se réfère aux événements qui se sont produits lors de la catastrophe d’août 2008 sur le K2. Moins connue que l’Everest, le K2 est la deuxième plus haute montagne du monde après l’Everest (8611m), et est située à la frontière sino-pakistanaise dans le massif du Karakoram.

Moins haute que l’Everest, cette montagne est cependant connue pour proposer une ascension bien plus difficile et technique, responsable en partie de son surnom de « Montagne Sauvage ».

The Summit présente les deux jours pendant lesquels 11 alpinistes internationaux chevronnés ont trouvé la mort. Cette production cinématographique mélange des images documentaires réelles ainsi que des témoignages de survivants, et y ajoute également des éléments dramatisés.

Si ce film reste aussi intense est saisissant, c’est en partie dû au déroulement de certains événements qui n’ont toujours pas été entièrement élucidés. il existe encore des zones d’ombres autour des 11 décès survenus au cours de ces tragiques 48 heures, et plusieurs scénarios plausibles sont ici évoqués.

Ce reportage glaçant nous confirme et nous explique pourquoi le K2, la plus meurtrière des cinq plus hautes montagnes du monde, est souvent considérés par l’ascension d’alpinisme la plus difficile par les alpinistes. Mauvaise météo, chutes de séracs, avalanches, retards dans l’itinéraire prévu et problèmes de communication se télescopent ici pour créer la tragédie que nous connaissons.

Ce documentaire déchirant vaut vraiment le détour si vous souhaitez en savoir plus sur cette catastrophique expédition d’août 2008 et sur le K2 en général.

 

Cold (2011) – short film

Ce court métrage porte bien son nom. Ce film dépeint l’exploit de trois alpinistes qui ont réussi à gravir en plein hiver l’un des 14 « huit mille mètres’, le Gasherbum II au Pakistan, une première.

Passant de premiers plans sur des sacs de couchage gelés à des prises de vue sur des glaciers ventés, ce film vous fera frissonner. Réalisé par l’un des trois alpinistes engagés dans l’ascension, l’américain Cory Richards, ce documentaire d’alpinisme présente l’ascension du Gasherbrum II, également connu sous le nom de K4, la 13ème plus haute montagne du monde, culminant à 8035 m et située entre le Pakistan et la Chine, dans la même chaîne de montagnes (Karakoram, Himalaya) que le K2 susmentionné.

En filmant l’ascension auprès de ses deux compagnons de cordée, nous sommes témoin des préparatifs minutieux, de la préparation des itinéraires, et des conditions dantesques auxquels les alpinistes font face, sans fard ni artifices de montage.

Ce court-métrage acclamé, d’une durée d’environ 20 minutes seulement, est un aperçu unique sur une ascension d’alpinisme dans la zone de la mort (au-delà de 7800m) en plein hiver. Progressant dans un environnement où les températures descendent parfois sous -50 degrés Celsius et en haute altitude, Cory Richards présente comme jamais l’homme aux limites de son endurance.

Ce documentaire d’alpinisme est agrémenté de passages de narration fascinants mais déchirants de franchise où l’alpiniste-réalisateur lui-même, au bout de l’effort, exprime ses doutes sur sa présence sur cette montagne et sur la réalisation d’ascension hivernales de 8000m.

Un film documentaire unique (peu d’images hivernales d’ascensions au-delà de 8000m existent), qui a valu à Cory Richards d’être élu explorateur de l’année par le National Geographic en 2012.

 

Vertical Limit (2000)

Changement de style. Vertical Limit est le premier film d’alpinisme de cette sélection qui ne soit pas basé sur des événements réels. C’est un thriller de survie bourré de scènes d’action et de cascades à couper le souffle.

Vertical Limit est bien évidemment une mise en scène moins réaliste de l’alpinisme. Ceci dit, ce film aux nombreux rebondissements a reçu un bon accueil du public, et pour une fois, l’action ne se situe pas sur l’Everest mais au Pakistan sur le K2.

L’histoire commence lorsque qu’un frère et une sœur se retrouvent plus ou moins par hasard au camp de base du K2, plusieurs années après avoir perdu leur père dans un accident d’escalade. L’un des deux héros décide de se joindre à une équipe partant pour l’ascension du sommet, qui va bien évidemment mal tourner…

Si vous êtes à la recherche d’action et d’aventure, vous avez trouvé crampon à votre pied ! Avec un nombre incalculable d’arêtes traîtres, d’apics vertigineux, d’audacieux sauts de falaise en falaise (peut-être un peu irréaliste, c’est vrai…) et beaucoup de cris entre les échanges radio, on est ici dans le cinéma à grand spectacle.

Bref, un film d’alpinisme/action classique des années 2000, Vertical Limit vous tient tout du long accroché à votre siège, même si l’intrigue semble être un peu prévisible par moment.

 

Touching the Void/ La mort suspendue (2003)

Primé aux Oscars dans la catégorie meilleur réalisateur de documentaire, Kevin Macdonald nous convie dans Touching the Void à un drame d’alpinisme qui vous rend accro dès le début.

C’est un subtil mélange entre témoignages saisissants et dramatisations des réels événements vécus par deux alpinistes anglais, Joe Simpson et Simon Yates en 1985 au milieu des Andes péruviennes, sur la Siula Grande. Ce film documentaire est directement tiré du livre éponyme écrit par Joe Simpson.

Le film suit une désastreuse expédition d’alpinisme en 1988. Ce récit, presque mortel (d’où le titre) de ces alpinistes expérimentés, est un symbole fort de survie et d’amitié où seront impliqués os cassés, mort présumée et tempêtes de neige.

Touching the Void est un favori des critiques, et un grand classique du documentaire d’alpinisme. Une histoire mémorable tout aussi poignante aujourd’hui qu’en 2003, lorsqu’elle a remporté le prix du Meilleur Film britannique aux 57èmes British Academy Film Awards.

Avec un score de 94% sur Rotten Tomatoes, ce n’est pas seulement un grand film d’alpinisme, c’est aussi un excellent film en général à regarder même si l’alpinisme ou l’escalade ne sont pas votre tasse de thé (anglais). Et cela vous donnera sans doute envie de lire le best-seller dont est tiré le film.

 

Top Photo Credit: Wolfgang Lutz