Red Bull Crashed Ice : interview de Pacôme Schmitt et Tristan Dugerdil

Interview avec Tristan Dugerdil et Pacôme Schmitt, riders du Red Bull Crashed Ice !

Ces 16 et 17 février, Marseille accueille une étape du prestigieux Red Bull Crashed Ice, le championnat du monde de patinage de descente extrême alias l’ice cross downhill ! Au menu, une course bien déjantée sur une piste de glace de 340m de long et 8m de large au départ, des goulets de 4 mètres à certains endroits, des sections pentues à 50/60°, bref du gros show en prévision en plein cœur de la ville de Marseille ! Parmi les Français engagés, deux habitués : Tristan Dugerdil (4e du ranking 2016, 6e en 2017) et Pacôme Schmitt, présents sur le circuit depuis 2013 et actuellement les deux meilleurs riders tricolores. Le Mag’ d’Adrenaline Hunter a interviewé les deux Frenchies quelques jours avant l’étape phocéenne… On leur souhaite de bien performer sur ce Red Bull Crashed Ice !

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Adrenaline Hunter : Une petite présentation de toi ?

Pacôme Schmitt : Je m’appelle Pacôme Schmitt, je viens des Gets en Haute-Savoie, j’ai 26 ans. J’ai commencé par le ski et le hockey, j’ai fait ça depuis tout petit. J’ai attaqué ces deux disciplines entre 2 et 5 ans, en compétition. En 2009, j’ai découvert le Crashed Ice à Lausanne, lors d’un event. Je me suis inscrit sur ce championnat du monde en 2013 à Lausanne, à l’occasion des qualifications nationales qui se disputaient sur une patinoire « normale ». Je les ai disputées avec Tristan, nous nous sommes qualifiés tous les deux pour l’épreuve de Lausanne. On a fait de bons résultats là-bas et nous avons été invités à Québec, où nous avons reçu une wild-card pour disputer la saison suivante. A partir de là, nous avons réussi à marquer assez de points pour assurer notre présence dans le Top 64 mondial. Depuis, nous avons continué sur ce rythme !

Tristan Dugerdil : Je m’appelle Tristan Dugerdil, je vis à Morzine en Haute-Savoie. J’ai fait du hockey et du ski avant d’arriver au Crashed Ice, que j’ai débuté en 2013. Cela a un peu changé maintenant mais à l’époque, pour rentrer dans le circuit on devait disputer des qualifications sur patinoire plate. Je jouais au hockey à Genève et il y avait une course à Lausanne, avec plusieurs partenaires nous sommes donc allés disputer les sélections et cela s’est bien passé. J’ai été faire la course de Lausanne, depuis j’ai continué !

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Adrenaline Hunter : Comment définirais-tu ton sport, le ice cross downhill ?

Pacôme Schmitt : Je dirais que c’est un mix entre le boardercross, le skicross et le hockey. C’est un parcours vallonné, en descente, avec des virages relevés, des sauts, des obstacles. On est quatre à partir en même temps, et ce sont les deux premiers qui passent au tour suivant. Le but c’est vraiment d’être devant, d’être dans les deux premiers pour accéder à la finale.

Tristan Dugerdil : Il s’agit de courses de patins en descente, à quatre, dans le style skicross !

Tristan Dugerdil dans les starts (Photo Joerg Mitter / Red Bull Content Pool)

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Adrenaline Hunter : Qu’est ce qui est le plus impressionnant ?

Tristan Dugerdil : Je pense que c’est la vitesse que l’on atteint en patins, que l’on n’a pas l’habitude d’avoir sur une patinoire normale, à plat. On peut aller jusqu’à 80 km/h, c’est très impressionnant d’aller vite sur des patins qui sont finalement très courts et sur lesquels l’équilibre est assez instable.

Pacôme Schmitt : Le public ! On a pas mal d’entraînement sur la piste, on la connaît bien même si elle paraît impressionnante de l’extérieur. Mais quand tu es au départ à Saint-Paul face à 100 000 spectateurs, c’est plus impressionnant que la piste elle-même. C’est dingue ! Il n’y a pas beaucoup de sports où il y a 100 000 personnes sur place pour un event, cela donne une ambiance vraiment sympa…

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Adrenaline Hunter : Que représente ce championnat du monde à tes yeux ?

Tristan Dugerdil : Je m’implique pas mal dans ce sport, j’ai organisé la course d’Avoriaz il y a deux ans et j’espère mettre en place une nouvelle course dans les années à venir. Cette année, j’ai mis un peu le championnat du monde entre parenthèses, je travaille avec le Cirque du Soleil donc je participerai uniquement à l’épreuve de Marseille.

Tristan Dugerdil dans la mêlée, en 2017 à Marseille (Photo Samo Vidic / Red Bull Content Pool)

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Adrenaline Hunter : Comment tu t’organises en terme de préparation physique et mentale pour arriver au top sur les premières épreuves ?

Pacôme Schmitt : En gros, nous avons un coach personnel qui nous suit durant toute la préparation, dont une grosse partie se fait en amont, en été. On travaille en musculation, avec une partie cardio niveau endurance – résistance. Pour la partie technique, elle se fera en rollers ou en patins à glace, afin de travailler sur des pumptracks, des skateparks et bosser sur les sauts, les amortis, la vitesse de pied, le patinage (départs/accélérations).

Tristan Dugerdil : Au niveau physique, je fais beaucoup de muscu, pour le côté technique je fais beaucoup de roller, sur des skateparks notamment. J’essaie également de continuer à jouer au hockey, pour patiner sur la glace.

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Adrenaline Hunter : Quelles sont les qualités à avoir pour un patineur de descente extrême ?

Pacôme Schmitt : Il faut déjà être résistant et être capable d’enchaîner les runs en gardant le même rythme, mais aussi avoir beaucoup d’explosivité pour être le plus puissant au départ et partir devant. Il faut aussi beaucoup d’engagement, quelque soit la piste, afin de s’imposer face aux concurrents et de ne pas être impressionné par les obstacles. Les pistes de Saint-Paul et de Marseille sont très techniques, avec de gros modules, il faut donc être capable de s’engager à 100% en sachant que l’on doit être solide sur les jambes…

Tristan Dugerdil : Le plus important c’est d’avoir un bon équilibre sur les patins, ensuite il y a la notion de vitesse et de contrôle de trajectoire, que j’ai pu apprendre plus jeune en faisant du ski. Il y a également l’aspect physique et résistance, pour être rapide au départ, tenir au fur et à mesure des runs jusqu’à la finale.

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Adrenaline Hunter : Ton point fort ?

Pacôme Schmitt : Les départs à 4, je pense que j’arrive à bien lire les lignes de courses et à faire des dépassements là où ce n’est pas jugé possible.

Tristan Dugerdil : Là où j’arrive le mieux à performer, c’est en qualifications, ma faiblesse se trouve dans les courses à 4. J’arrive à prendre des bons départs, mais c’est un peu comme tout le monde, cela dépend des jours ! Le départ est un moment tellement important que l’on a hélas pas le droit de se rater…

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Adrenaline Hunter : 5 ans après, tu as toujours les mêmes frissons au départ, le même shoot d’adrénaline ?

Pacôme Schmitt : Adrénaline, pas forcément, car on s’est pas mal entraînés sur la piste. Cela reste un championnat du monde donc il y a la pression du résultat, la crainte de se rater en faisant une erreur un peu bête. Du coup il y a forcément un peu de pression au départ, mais cela reste modéré, on essaie de se concentrer sur la course.

Tristan Dugerdil : Pour ma part il y a toujours de l’adrénaline, ensuite on s’habitue de plus en plus au public et tous les a-côtés de la course, qui sont assez impressionnants quand on débute. Mais il y a toujours un peu de stress…

Pacome Schmitt dans la mêlée à Marseille, en 2017 (Photo Samo Vidic / Red Bull Content Pool)

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Adrenaline Hunter :  Le Crashed Ice fait une nouvelle fois étape à Marseille, que penses-tu de cette épreuve ?

Tristan Dugerdil : La piste de Marseille est vraiment cool, elle me correspond pas mal. Elle est vraiment courte, avec beaucoup d’obstacles. Nous ridons parfois sur des pistes plus longues mais plus ennuyeuses… Marseille est l’une de mes pistes préférées, apparemment cette année ce sera à peu près la même piste que l’année dernière donc c’est top. C’est toujours bien d’avoir une course en France, pour que nos amis et nos familles viennent, on est toujours contents d’aller à Marseille !

Pacôme Schmitt : Au niveau de la piste, c’est une piste très technique, très très sympa à rider. Le fait que ça soit en France nous permet d’évoluer un peu « à la maison », on a un poil plus de pression au départ… Cela reste une course très attendue, on a hâte d’aller rider là-bas et de faire du mieux possible, car la piste est vraiment exceptionnelle, l’emplacement est fou…


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Adrenaline Hunter : C’est important à tes yeux qu’il y ait une étape en France ?

Tristan Dugerdil : Absolument, cela fait connaître le sport en France !

Pacôme Schmitt : Oui bien sûr, en France le sport se développe de plus en plus et est rentré dans la Fédération Française des sports de glace. Je pense que d’ici quatre ans, le sport sera aux JO… Cette année (à Pyeongchang, ndlr), cela n’était pas possible car nous n’avions pas les 25 nations requises pour être éligible pour rentrer aux Jeux. Mais d’ici quatre ans, je pense qu’on les aura. Pour le développement du sport en France, c’est top d’avoir un Red Bull Crashed Ice, cela fait vraiment connaître le sport en France. Derrière, c’est à nous avec la Fédé de développer un peu plus la discipline et d’amener un peu plus de jeunes à faire des initiations, de mettre en place un championnat de France d’Ice Cross Downhill… L’objectif est d’amener un maximum de Français au haut niveau. Il y a une grosse couverture médias lors de l’étape française, énormément de gens viennent regarder, c’est vraiment tout bénéf’ pour le sport et pour nous.

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Adrenaline Hunter : Si l’Ice Cross Downhill se retrouve aux Jeux dans 4 ans, seras-tu de la partie ?

Pacôme Schmitt : Oui je l’espère, ce sera une superbe aventure mais à voir si cela suit au niveau physique, et beaucoup de jeunes issus du championnat du monde junior poussent derrière… J’ai toujours donné le maximum pour rester à haut niveau, mais si beaucoup de jeunes rentrent dans le sport et me passent devant, forcément il faudra laisser la place ! Mais on va faire au mieux pour rester devant et aller jusqu’aux Jeux, si l’Ice Cross Downhill rentre aux JO…

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Adrenaline Hunter : Pacôme, comment juges-tu ton début de saison ?

Pacôme Schmitt : Pour moi c’est un bon début de saison, je fais de très bonnes qualifs à Saint-Paul et je vais jusqu’en demi-finales, c’est pas mal… Ca reste un peu décevant par rapport à mon ressenti sur la piste. Début février en Finlande, j’ai connu un week-end assez difficile sur la piste naturelle de Jyvaskyla. Mes qualifs étaient très moyennes, la piste était très piégeuse avec des obstacles dissimulés par la neige (Pacôme terminera 35e de la course, ndlr)… Je vais désormais essayer de reproduire mon bon résultat de Saint-Paul à Marseille et Edmonton, avec au moins une demi-finale, en tâchant de rester devant pour atteindre la finale.

Pacome Schmitt dans la mêlée en 2018, à Saint-Paul (Photo Joerg Mitter / Red Bull Content Pool)

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Adrenaline Hunter : Parmi tes concurrents du Red Bull Crashed Ice, y’en a t-il un qui t’inspire plus que les autres, que tu prends comme modèle ?

Pacôme Schmitt :Bien sûr, quand on voit Cameron Naasz (double champion du monde en titre, ndlr), tellement solide que ce soit en qualifications ou en course… Trés honnêtement, ce mec est désormais devant tout le monde, il arrive toujours à maintenir un level très élevé sur la piste. Si un jour on peut parvenir à ça, ça sera très bien !

Tristan Dugerdil : (Catégorique) Non !

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Adrenaline Hunter : Tes objectifs pour l’épreuve de Marseille ?

Tristan Dugerdil : J’aborde l’épreuve un peu différemment des autres années, et cela rend les choses plus faciles. J’ai moins de pression vis-à-vis de mes partenaires, même si j’ai toujours la volonté de finir devant ! J’espère faire au mieux…

Pacôme Schmitt : Je vise au moins la demi-finale, je vais tout faire pour aller en finale, je me suis entraîné pour. Je pense avoir le physique, avoir ce qu’il faut pour cet objectif. Marseille, c’est une course importante à mes yeux, il y aura ma famille, mes amis, je veux vraiment aller le plus loin possible !

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Adrenaline Hunter : Il va y avoir une belle bagarre entre les riders…

Pacôme Schmitt : Absolument, tous les athlètes sont ultra-entraînés, on a tous eu une grosse prépa physique durant l’été. Plus les années avancent, plus le classement est serré, plus les compétitions sont dures… La victoire sera pour celui qui sera le meilleur durant le week-end, qui fera le moins de fautes. Il va falloir être très solide, c’est un championnat du monde !

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Adrenaline Hunter : Un message à faire passer aux spectateurs de ce Crashed Ice à Marseille ?

Tristan Dugerdil : Qu’ils continuent à s’intéresser à ce sport, qu’ils se renseignent sur les moyens d’intégrer des circuits de ice cross si ça leur plaît, qu’ils participent au développement de la discipline…

Pacôme Schmitt : Je leur dirais de venir profiter du show, et s’ils peuvent encourager les petits Français, que ce soit les professionnels, les juniors ou les féminines, cela nous fera bien plaisir ! Notre sport est relativement méconnu, encore une fois j’espère que l’on pourra aider ceux qui veulent pratiquer la discipline, les amener sur le devant de la scène. On vous attend tous à Marseille pour cette course qui devrait être très sympa !

Tristan Dugerdil Pacome Schmitt (Photo Joerg Mitter / Red Null Content Pool)

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Adrenaline Hunter : Un petit message à adresser à l’autre ?

Pacôme Schmitt : (Rires) Tristan et moi, nous sommes amis d’enfance mais cela fait un moment que je ne l’ai pas vu, il est parti au cirque… J’attends de voir ce que ça donne pour lui, très honnêtement je pense qu’il va très bien se débrouiller. On verra bien si c’est mieux de danser ou si c’est mieux de s’entraîner ! (rires)

Tristan Dugerdil : Je lui passe souvent des messages donc je n’ai pas besoin d’intermédiaire (rires). Pacôme, c’est mon meilleur pote depuis tout petit, on n’a plus rien à se dire ! On se tire vers le haut depuis qu’on a commencé, on s’entraîne ensemble, on fait toute notre préparation ensemble… On a forcément envie de battre l’autre à chaque fois.

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Adrenaline Hunter : Le mot de la fin ?

Pacôme Schmitt : Je remercie tous les Français qui vont venir sur la course de Marseille, on va faire du mieux que l’on peut pour ramener la coupe en France. Rendez-vous le 17 Février sur le Vieux-Port, pour passer un bon moment tous ensemble !

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Photo de Une :  Joerg Mitter / Red Bull Content Pool

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