Interview de Jean-Baptiste Chandelier, star du parapente

36 Millions de vues sur les réseaux sociaux, c’est ce qu’a engendré la vidéo « Weightless », sortie en octobre 2017 sur la Toile. A l’origine de ce buzz, Jean-Baptiste Chandelier et sa team de l’ombre. Star du parapente, « JB » est spécialisé dans le vol de proximité, au ras du sol et des obstacles naturels ou apportés par la main de l’homme. Ce rider passionné, expérimenté et humble s’est confié en interview au Mag’ d’Adrenaline Hunter. Google Earth, Candide Thovex, Danny MacAskill ou le charme fou des Açores, « JB » a répondu à toutes nos questions avec un naturel désarmant, pendant trente minutes. Une entrevue qui donne envie de se mettre au parapente !


– JB, peux-tu nous parler un peu de toi, de ton parcours ?

J’ai 32 ans, je suis originaire de Briançon, j’ai fait un BEP Electronique tout en passant mon monitorat de ski. En parallèle, je me suis mis au parapente lorsque j’avais 18 ans. Le ski n’a pas marché pour moi, à l’inverse du parapente, du coup j’ai terminé mon monitorat de parapente mais je n’ai pas fini le monitorat de ski. Je me suis mis à la voltige et suis devenu moniteur de parapente en 2007, j’ai également commencé à être pilote-test pour une marque. J’ai au fur et à mesure maîtrisé de grosses manœuvres, et en 2009 j’ai débuté ma collaboration avec Dudek comme pilote-test et concepteur. C’est à cette époque que j’ai réalisé mes premières vidéos, qui n’ont pas trop mal marché sur la Toile (sourire).

JB Chandelier – Photo Tristan Shu


– Tu as découvert le parapente en 2004 et ça a été le coup de foudre. Qu’est ce qui t’as fait tomber amoureux de ce sport ?

A la base, je voulais voler, c’était un rêve de gamin, il fallait absolument que je le fasse… Le parapente est quand même, en la matière, le sport le plus accessible. Lorsque j’ai débuté le parapente, je ne savais pas trop dans quoi je me lançais, mais c’était parfait pour moi qui n’aime pas avoir trop de contraintes. On peut prendre juste un sac à dos, on peut voler un peu n’importe où sans radio, sans tour de contrôle, sans beaucoup de réglementations… Je suis tombé très vite addict à ça, il y a une belle liberté et je trouve ça vraiment génial, on la retrouve moins dans d’autres sports aériens.

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– Prés de 15 ans plus tard, as-tu toujours la même adrénaline au moment de voler ?

Beaucoup moins quand même ! Je ne suis pas un « adrénaline junkie » comme beaucoup de sportifs, j’aime bien contrôler les choses afin de ne plus avoir peur. Souvent, l’adrénaline est reliée au stress qui monte, pour ma part j’aime bien diminuer le stress, être plus dans le contrôle pour pouvoir prendre du plaisir. J’essaie de calculer un maximum de choses. Aujourd’hui, je me mets de moins en moins dans le rouge et m’appuie de plus en plus sur mon expérience. Du coup, je n’ai plus d’adrénaline mais j’ai pas mal de plaisir, et même davantage de plaisir qu’avant !

 

– Tu es spécialiste du vol de proximité, quelles sont les caractéristiques de cette discipline ?

Le nom dit un petit peu tout… A la base je viens de la voltige, je m’étais mis à l’acrobatie où le challenge est de réaliser une succession de manœuvres au milieu de nul part. C’est un peu moi qui ai fait la promotion du vol de proximité car les gens n’en parlaient pas trop à l’époque. Le but est d’aller jouer avec les terrains naturels, c’est à dire de voler près du sol, ce qui donne de grosses sensations… Il n’y a pas trop de compétitions de vol de proximité, à la Fédération ils n’en parlent jamais. Ma définition personnelle du vol de proximité serait la suivante : évoluer le plus près possible du sol, et s’amuser avec les éléments que l’on peut trouver sur sa route, comme on peut le voir dans mes vidéos…

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– Pourquoi t’es-tu orienté vers le vol de proximité  ?

J’ai eu en fait un gros déclic lors d’un vol, j’avais oublié mon aile de voltige et j’ai dû emprunter une voile à un copain. Je me suis alors amusé à voler près du sol, en descendant la montagne. Avant de faire du parapente, je rêvais de voler, je m’imaginais voler, souvent je décollais de la cour de récréation et je me baladais près des choses. C’est un peu dommage, j’ai été influencé par le milieu, formaté. J’avais pourtant le bagage technique pour voler de la manière dont je le rêvais lorsque j’étais gamin. Suite à ce déclic, j’ai décidé de m’entraîner de plus en plus près du sol, afin de m’amuser et de revenir à ce que j’avais vraiment envie de faire : voler près des éléments, avec de la précision. C’est là où l’on a clairement la plus grosse sensation de vol…

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– Qu’est ce qui te plaît le plus là-dedans ?

Quand on est à 10 000 mètres de haut, le sol défile très peu, on n’a pas du tout cette sensation de voler, on est juste au milieu de nul part… A l’inverse, plus on se rapproche du sol, plus on se sent monter, descendre, on sent les mouvements avec la référence visuelle qui va avec. Si on se sent monter, on voit le sol qui s’éloigne, ou le sol qui se rapproche lorsque l’on descend. C’est très net. La magie opère quand on est dans le référenciel humain : des arbres, des routes, des maisons, des voitures… On se sent alors voler, on se sent léger et c’est très marrant !

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– Qu’en est-il de la notion de risque, du fait de voler très près du sol ? Comment contrôles-tu ce risque ?

Ce qu’on dit toujours en parapente, c’est que ce qui fait mal, c’est le sol. Plus on est haut, plus on est en sécurité, contrairement à ce que l’on pourrait croire, car on ne peut pas taper grand chose. Lorsque l’on vole près du sol, on se rapproche effectivement de la zone où l’on pourrait impacter. Souvent, on y va progressivement et on a l’avantage d’évoluer beaucoup moins vite que les wingsuiteurs qui font du proximity flying. Si l’on a un problème, on ne va pas frapper le sol de manière très violente. Pour donner une idée, en vol droit, j’évolue entre 25 et 50 km/h. Quand je fais des virages, je peux atteindre des accélérations comprises entre 70 à 90 km/h. On se rapproche des vitesses d’un skieur… Cela passe par énormément d’anticipation, dans l’idée il ne faut pas taper le sol ! On se prend donc des marges, on évolue dans des conditions qui nous permettent de connaître nos trajectoires et d’être précis sur nos trajectoires, et ensuite on se sert de notre expérience. Personnellement, je n’ai jamais trop tapé. Mais effectivement, quand on est près du sol, on peut chercher un peu plus la merde que quand on est très haut…


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– Quelles sont les qualités à avoir pour performer dans cette discipline ?

A part avoir une vue qui tienne au minimum la route, pour éviter les obstacles, je pense que ce n’est que l’expérience ! C’est l’expérience qui va nous permettre d’anticiper la trajectoire de notre engin. Le parapente, c’est vraiment un sport de fainéants, on est assis dans un fauteuil volant et l’on n’a pas besoin de forcer sur nos muscles. D’un point de vue physique, on n’a besoin d’aucun pré-requis à part de voir là où l’on va. Après, c’est donc de l’anticipation et il faut beaucoup beaucoup voler pour se rapprocher du sol comme ça…

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– Ta vidéo « Weightless », sortie en octobre, a nécessité 3 ans de travail et le tournage s’est déroulé sur plusieurs spots du monde entier, entre sable et neige. Quels souvenirs gardes-tu de ce tournage ?

C’est passé par plein de phases ! Il y a eu une partie chez moi, à Serre-Chevalier, où j’ai pu m’amuser à faire du slalom entre les pistes. Ca a été le summum en termes de plaisir et d’amusement… La station nous faisait confiance, nous a donné les autorisations et nous avons vraiment pu nous amuser en toute sécurité, sans stress. Nous avons également tourné aux Açores, un endroit merveilleux, magique, on savait que cela allait vraiment rendre en vidéo. Par contre, ce qui est compliqué là-bas, c’est la météo. Nous y sommes allés une première fois et les conditions n’étaient pas assez bonnes, nous avons dû y retourner. La deuxième fois, il pleuvait fort, nous avons dû attendre qu’il y ait de petites éclaircies pour pouvoir aller faire les images. Nous étions dans l’attente, le stress montait, mais à chaque fois que nous avons pu tourner, nous avons eu droit à des couchers de soleil magnifiques au-dessus des cratères, c’était sublime. Je suis autant passionné de parapente que de vidéo, donc en Afrique du Sud et aux Açores nous étions plutôt axés sur des recherches cinématographiques, ou des challenges plus élevés qu’à Serre Chevalier ou au Brésil. Quand on va chercher des images qui sont dures à prendre, c’est là qu’on obtient un rendu assez exceptionnel. Nous sommes partis à la conquête des plus belles images possible…

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– Comment as-tu repéré les différents spots ?

Je suis un grand fana de Google Earth (rires) ! Internet, Google Earth et Youtube sont mes plus grands amis… Pour le Brésil, j’avais vu une vidéo d’un gars qui volait là-bas et qui faisait des choses exceptionnelles. J’ai repéré le spot sur Youtube, puis une fois le spot localisé, je suis allé sur Google Earth, où l’on arrive à voir de manière très très précise les reliefs, le terrain, grâce aux photos et aux vues 3D. Pour l’Afrique du Sud et le Brésil, j’ai vraiment fonctionné avec Google Earth. Par ailleurs, je me suis servi des statistiques de vent des centrales et des aéroports, afin de chercher quelle était la meilleure période pour aller sur le spot. Je connaissais déjà les Açores, c’était la troisième (et quatrième) fois que j’y allais. Je savais que là-bas, c’est la Bretagne puissance deux (rires) ! Il fallait juste prendre son temps, être patient, et cela allait finir par fonctionner…

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– Quel est ton spot fétiche pour ta pratique du parapente ?

Il y a deux ou trois de mes spots fétiches que l’on retrouve dans la vidéo « Weightless ». Les Açores font partie des endroits où je me sens le mieux en l’air, on se demande ce que l’on fait là car les paysages sont absolument dingues. Il y a des cratères et des volcans de partout, avec des lacs qui sont tous de couleur différente… C’est vraiment magique. Pour le plaisir du vol, je m’amuse comme un fou en descendant la montagne à la maison, à Serre-Chevalier. Au Brésil également, c’était vraiment exceptionnel. On est dans le vent, on a la sensation de voler en apesanteur… On a l’impression d’être un hélicoptère !

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– Chacune de tes vidéos est un événement. A quoi attribues-tu le succès de tes édits ?

Mes vidéos partagent cette sensation de vol avec le grand public. Je suis plus en train de parler au gamin que j’étais, qui rêvait de voler, que de parler aux autres parapentistes. C’est une bouffée d’air que j’avais envie de partager avec cette vidéo « Weightless » : on peut voler, ce sport est vraiment magique… On cache les contraintes, c’est du cinéma, on ne montre pas les moments où l’on galère ! On veut faire partager un petit moment d’évasion, de rêve, parce qu’aujourd’hui on peut voler avec un bout de chiffon et c’est complètement dingue… C’est plus profond qu’une simple « vidéo de sport », j’essaie de partager mon rêve de gamin. On peut faire des choses incroyables, il faut juste s’en donner les moyens.

JB Chandelier – Photo Tristan Shu

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– Combien étiez-vous dans ton équipe pour le tournage de « Weightless » ?

Nous étions quatre ! Il faut savoir qu’ils sont tous des parapentistes, tous des passionnés. Ils ont tous la double casquette parapentistes-vidéaste ou photographe, nous étions tous à la recherche des plus beaux angles. Ce n’est pas un boulot anodin, les gars étaient tous ultra-motivés, ils s’investissent pleinement à mes côtés et m’aident énormément dans la réflexion autour du projet. C’est un gros gros travail d’équipe, même si c’est moi qui suis mis en avant.

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– Arrives-tu à vivre de cette activité ?

J’ai la chance depuis 5-6 ans de vivre de cela, grâce à mes sponsors qui me permettent de financer des projets. J’ai beaucoup beaucoup de chance, c’est top ! Je fais un sport marginal mais j’arrive à toucher le grand public, c’est ce qui me permet de pouvoir vivre de ma passion. Dans le parapente nous devons être trois ou quatre à avoir cette chance, ce n’est pas facile…

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– Tu as déclaré dans une interview à PositivR que tu étais inspiré par un gars comme Danny MacAskill. A la rédac on l’aime beaucoup aussi, peux-tu développer pour nous ce que représentent Danny et ses vidéos à tes yeux ?

J’ai fait mon premier buzz avec une vidéo qui s’appelait « Urban Side » (sortie il y a 6 ans, ndlr), et qui était inspirée à 800% des édits de Danny… C’était limite du « pompé » ! J’aimais bien son style, je me suis dit que j’allais reprendre son style et le mettre dans le parapente. Je regardais ses vidéos en boucle, elles véhiculent quelque chose de très positif et le personnage semble très attachant et très humain. Il ne se mettait pas en avant et faisait des choses incroyables, avec une telle aisance que cela faisait rêver les gens autour de lui. J’ai donc eu la volonté de transposer cela à mon sport, d’adapter la recette de Danny à ma sauce, pour donner envie aux gens de pratiquer le parapente. Je pense que c’est pour cela que la vidéo a marché… C’est quelqu’un qui m’inspire énormément, qui est toujours créatif et qui arrive toujours à nous surprendre. Dés qu’une vidéo de Danny McAskill sort, j’arrête tout et je la regarde !

 

-Y a t-il d’autres riders qui sont une source d’inspiration pour toi ?

Oui, Candide Thovex ! Candide a également la casquette de réalisateur, il est très très fort au montage et en post-prod. Il est impressionnant, il a tout gagné en compétition et derrière il se met à la vidéo et gagne tout… J’aime les créatifs en fait, la performance est un outil mais ce n’est pas le but en soi. Un autre rider m’inspire beaucoup, Jason Paul, qui fait du parkour et qui est sponso Red Bull. Je regarde également toutes ses vidéos. Danny, Candide, Jason, voici les trois riders qui m’inspirent énormément…

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– Qu’est ce qui t’inspire le plus chez Candide ?

Il y a plusieurs aspects qui m’intéressent chez lui. C’est un gros performeur donc je salue la performance, je ne suis pas un skieur extraordinaire donc je ne peux que tirer mon chapeau… Mais c’est surtout sa créativité qui me plaît. Cela fait des années et des années que l’on voit des vidéos de ski et lui a réussi à les rendre intéressantes et attrayantes pour le grand public. Il a des idées géniales, comme de jumper par-dessus un hélicoptère, ou aller faire du slalom entre un téléski, ou skier sur l’herbe… Il détourne complètement son sport et ça le rend du coup très intéressant. Je salue également la performance du réalisateur car ses vidéos sont très réfléchies, il n’y a pas un plan qui est là par hasard. En tant que vidéaste, cela m’inspire beaucoup. Il y a toujours une grosse réflexion derrière chaque plan, on ne s’en rend pas forcément compte si l’on est pas de ce milieu-là, mais ce qu’il fait est impressionnant. Et puis, il est épatant dans l’art de communiquer. C’est un très grand communicant mais qui ne communique jamais ! Il communique trois fois par an… C’est là où c’est fort, on nous apprend qu’il faut partager plein de trucs plein de fois sur les réseaux sociaux, trois fois par jour sur Facebook et Instagram… Lui ne met jamais rien, et dés qu’il poste un truc, bam ça explose ! J’aime ce côté-là, il communique d’une manière différente, il ose tenter des choses et globalement, il ne se trompe pas trop. Fort…

Candide Thovex ridant la Grande Muraille de Chine

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– L’aspect image est du coup hyper important dans les sports extrêmes, pour toucher le grand public…

Oui voilà, je trouve que ce sont des sports qui se prêtent parfois plus à l’image qu’à la compétition. En ce qui concerne tout ce qui est freestyle, c’est dur de noter si untel a mieux fait l’action ou pas, parfois c’est simplement l’élégance qui l’emporte. Candide est beau à voir skier, et c’est ce qui lui a sans doute permis, parfois, de prendre le dessus. Comme Danny MacAskill, il n’est champion du monde de rien du tout, mais on se régale à le regarder. Pour moi, la beauté du geste, du mouvement, prime sur le fait de mettre les choses dans des cases, comme on peut le faire en compétition. Je ne suis pas du tout un compétiteur, je n’en ai jamais fait, et j’aime bien le fait de mélanger sport et créativité. Cela rend presque le sport plus artistique que la compète bête et méchante. Je déteste la compète en fait ! Le parapente procure une grosse sensation de liberté, et aller se mettre dans un cadre de compétition où l’on devient juste un numéro, décoller quand on nous dit de décoller et se poser quand on nous dit de se poser… On se rajoute plein de contraintes et je ne comprend pas trop l’interêt. Mais après, on n’est pas tous câblés pareil !

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– Quel message, quels conseils veux-tu faire passer à nos lecteurs qui aimeraient se mettre au parapente ?

Eh bien qu’il faut y aller ! Cela vole à peu près partout en France, voire même dans le monde, et le parapente est le sport aérien le plus accessible, même s’il y a un coût au départ. Si on en a l’envie, cela vaut vraiment le coup d’essayer !

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– Tes prochains objectifs ?

Nous sommes partis sur un concept un peu différent pour la prochaine vidéo. Je pars pendant deux ans avec ma copine, on fera énormément de voyages, nous allons visiter plein d’endroits incroyables dans le monde. C’est ma copine qui filmera, nous aurons moins de moyens mais nous allons pouvoir réaliser une vidéo plus riche. Nous changeons un peu le concept, qui se rapprochera de celui de la dernière vidéo de Candide, qui m’a piqué mon idée ce salaud (rires) ! Nous avons commencé le voyage pas mal de temps avant qu’il la sorte, et quand j’ai vu la vidéo je me suis dit : « oh l’enfoiré » (rires). Cela va être chouette, nous y allons un peu plus au culot… Nous nous sommes rendus sur l’île de Pâques, je n’ai pas pu voler mais on peut se permettre de prendre un « but », de prendre des risques et d’aller essayer de voler dans des endroits mythiques.

JB Chandelier

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– Quand tu voles sur des spots mythiques comme Candide en ski sur la Muraille de Chine, il y a effectivement une identification du grand public qui est assez forte !

C’est clair, ça fait rêver ! On recherche des endroits impressionnants dans le monde, nous allons les visiter pendant deux ans et nous ferons une compil’ de tout cela pour une prochaine vidéo.

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– Le mot de la fin ?

Je remercie mon équipe, des gars qui sont dans l’ombre mais grâce à qui je peux faire ce que je fais aujourd’hui !

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