Interview de Bruno Legaignoux, auteur du livre “Kitesurf, du rêve à la réalité”

Dans le milieu du kitesurf, Bruno Legaignoux n’est pas n’importe qui. C’est même tout le contraire puisqu’avec son frère Dominique, l’homme a tout simplement inventé la première aile à structure gonflable (brevet déposé en 1984), puis fondé la société Wipika en 1993. Bruno Legaignoux a décidé d’enfin partager son expérience et son vécu, au travers d’un ouvrage qui s’annonce passionnant pour tout bon fan de sports extrêmes.

"Kitesurf, du rêve à la réalité" de Bruno Legaignoux

“Kitesurf, du rêve à la réalité” de Bruno Legaignoux

“Kitesurf, du rêve à la réalité” est paru lundi 30 octobre, et le moins que l’on puisse dire est que ses concepteurs ont vu les choses en grand ! Le livre raconte l’histoire de la naissance du kitesurf et est riche en témoignages de grands noms de la glisse : Laird Hamilton, Rob Douglas, Nico Parlier… ainsi que de personnes ayant participé au développement de ce sport.

Une plongée fascinante dans les coulisses de l’invention du kitesurf, à découvrir au plus vite sans se priver…L’occasion pour le Mag’ d’Adrenaline Hunter de réaliser l’interview de Bruno Legaignoux !

 

– Bruno, comment est née l’idée de ce livre, 20 ans après la naissance du kite ?
En fait on me pose souvent des questions sur nos débuts dans le kite et à part quelques proches, personne ne sait grand-chose. On m’a même quelques fois suggéré l’idée d’écrire un livre là-dessus mais je n’en ressentais pas vraiment l’intérêt. Et puis avec le temps, l’idée a fait son chemin.

 

– Quelle était votre ambition avec ce livre ?
Il n’y avait pas vraiment d’ambition à la base sinon d’apporter mon témoignage. J’ai considéré que je devais ça à tous ceux qui me remercient d’avoir lancé le sport. Quand j’ai eu un peu de temps devant moi, je m’y suis attelé et curieusement, les éditions Altal m’ont contacté peu de temps après. Ce sont eux qui ont eu l’idée de faire intervenir d’autres pionniers, avec l’idée de renforcer la crédibilité de l’ensemble.

 

– Vous avez réuni dans ce livre les témoignages de nombreux pionniers et acteurs du kite. De quoi êtes-vous le plus fier ?
D’abord que tous aient accepté avec plaisir de participer. Ensuite de la cohérence et du poids que cela donne au livre, puisqu’il n’y a pas de discordances bien que ces récits aient été écrits parallèlement sans partage ni interaction entre les auteurs. Enfin, bien sûr, de la place qu’ils accordent à notre travail à Dominique et moi.

 

– Vous avez déclaré au sujet de votre livre “Les différents sujets y sont abordés sans tabous ni réserves sur nos premières années difficiles, notre détermination, nos réussites et nos échecs.” Qu’est ce qui fut le plus difficile ?
Sûrement le temps qu’il a fallu pour que la sauce prenne. Treize ans, c’est vraiment long. Ensuite, la gestion des sociétés, que ce soit Wipicat, Wipika ou Takoon. A chaque fois beaucoup beaucoup de soucis.

 

– Comment est née l’idée révolutionnaire du kitesurf ?
Il faut bien comprendre qu’à l’époque il n’y avait pas l’internet, l’info circulait beaucoup plus lentement. Nos références étaient la voile en général et toutes ses nouveautés en particulier dont la Birdsail et le Jacob’s Ladder, des engins tractés par des cerfs-volants ou hybrides voile/cerf-volant. Nous n’avions pas connaissance de gens ayant pensé à pratiquer le kitesurf mais nous nous doutions qu’il y en avait. C’est la synthèse de nos savoirs et connaissances qui nous a amené à penser à pratiquer le kite sur l’eau et donc à développer un kite spécifique.

 

– Vous avez transmis des licences aux marques désireuses de faire évoluer la pratique, avec le recul cela a été une formidable idée…
En fait, depuis le tout début on ne voulait surtout pas créer notre propre entreprise, on cherchait des licenciés. Comme on n’arrivait à se mettre d’accord avec aucun, on a finalement créé notre propre entreprise mais toujours avec l’idée d’attirer des licenciés. J’ai été entrepreneur par la force des choses, pas par vocation ou plaisir.

 

– Le kitesurf est un sport mais également un mode de vie, et connaît depuis un bon nombre d’années un énorme essor. Q’est-ce qui explique cet immense succès à vos yeux ?
C’est l’engin nautique le plus léger, compact, rapide, versatile, bon marché et j’en passe. Il se différencie de la voile par le côté 3D et pilotage. Il permet à chacun de s’exprimer pleinement grâce à la diversité des pratiques et des figures.

 

– Freestyle, race, strapless, speed, waveriding, foil… Le kite permet une multitude de pratiques, auriez-vous imaginé dans vos rêves les plus fous une telle évolution ?
On avait prévu que se développeraient différentes pratiques, pour avoir testé un tas de supports, que ce soit sur l’eau, la neige, le sable mais de là à imaginer autant de disciplines, non. Rien que le freestyle, on faisait des sauts à l’époque, souvent sans le vouloir, mais imaginer la richesse actuelle des figures… non !

 

– Etes-vous admiratif de certains champions actuels ?
J’ai un faible pour les meilleurs speedriders, c’est la discipline qui nous a toujours fasciné, bien avant de penser au kitesurf, et ces gars ne sont pas des frimeurs, ils font évoluer le matériel, ils prennent des risques et s’entraînent dur juste pour repousser les limites et graver leur nom sur les tablettes du WSSRC.

 

-Etes vous favorable à une entrée du kite aux Jeux Olympiques, lui qui sera déjà intégré aux Jeux
Olympiques de la Jeunesse 2018 ?
L’entrée aux JO peut avoir des effets pervers qu’il faut absolument prendre en compte dès maintenant. Si c’est bien géré, ça peut permettre une plus grande diffusion médiatique et un ancrage du sport à long terme notamment au niveau des Autorités partout dans le monde.

 

– Quel est à vos yeux le futur du kitesurf ?
Il y a des sports qui déclinent, qui passent de mode, et d’autres non comme le surf. Je crois que le kitesurf a encore de beaux jours devant lui, surtout s’il sait évoluer et se diversifier comme il le fait maintenant (attention aux JO et à la tutelle Voile qui pourraient tuer cette tendance). Ce sport a une vraie identité, une culture, donc il est fait pour perdurer. Je crois aussi que le kitefoil va énormément se développer.

 

En bonus, quelques vidéos sur l’histoire du kitesurf !

 

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