Alexia Fancelli (Photo Toby Bromwich)

Alexia Fancelli : « Je veux devenir championne du monde de kitesurf en 2018 ! » (interview)

Suite de notre Calendrier de l’Avent des riders, avec pour l’Episode 8 une interview de la kitesurfeuse Alexia Fancelli !

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A 25 ans, Alexia Fancelli est une mordue de kitesurf et une sportive de très haut niveau dans cette discipline. Championne de France et vice-championne d’Europe 2017, récente troisième des Mondiaux de Formula Kite avec son foil, cet engin volant aux performances extraordinaires, la Sudiste (elle réside entre Cassis et l’Almanarre, à Hyères) vit pour les sensations fortes que procure le kite. Nommée au titre de Marin de l’Année 2017 aux côtés des géants Antoine Albeau, Thomas Coville, Francis Joyon ou encore Armel Le Cléac’h, Alexia Fancelli trace sa route avec passion et détermination. « Je passe la plupart de mon temps à l’eau, même quand il fait un peu froid ! Bref j’adore le kite », résume t-elle. Interview d’une sacrée championne !

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Alexia, à quel âge as-tu débuté le kitesurf ?

J’ai appris le kite vers 14/15 ans et je m’y suis réellement mise vers 16 ans. Je me souviens que dès que je voyais un peu de vent par les fenêtres de mon lycée, j’appelais mon père pour savoir si il allait se faire une session et je le rejoignais sur le spot avec mon scooter.

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Quelles sont tes disciplines de prédilection ?

J’adore le foil et le strapless. Je fais un peu de Twintip (planche multidirectionnelle, ndlr) mais ce n’est pas pareil, ça tape un peu trop à mon goût, je me fais vieille (sourire) !
Ce qui me plaît, c’est que ce sont deux supports complémentaires, je fais du foil dans des conditions de vent léger jusqu’à 25 nœuds, puis je passe au strapless. En foil, j’ai l’impression de voler au-dessus de l’eau, il n’y a plus de bruit, plus de vibrations, on se sent un peu comme sur un nuage. En strapless, j’aime surfer et je commence un peu à me débrouiller niveau figures.

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Alexia Fancelli photo Eric Bellande

Alexia Fancelli photo Eric Bellande

Quelle est ta compétition préférée et pourquoi ?

Je n’ai pas vraiment de compétition préférée, il y a toujours une bonne ambiance et souvent une bonne organisation sur les événements. Je dirais juste que la compétition qui m’a le plus marquée est le Défi Kite (organisé à Gruissan et qui a regroupé plus de 250 riders en 2017, ndlr) car sur de nombreux événements de foil, s’il y a plus de 30 nœuds de vent ça commence à devenir dangereux et les manches ne sont pas lancées. Mais au Défi Kite, je me suis déjà retrouvée à foiler dans 45 nœuds et à devoir changer pour un Twintip afin de prendre un départ, avec des claques à 60 nœuds à la bouée à virer.
Cette événement est une compétition contre des adversaires mais aussi un challenge qu’on se lance à soi même…

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A l’heure actuelle, vis-tu de ton sport ?

J’aimerais bien, mais malheureusement non je ne vis pas encore de mon sport. En milieu d’année, j’ai intégré l’équipe Enata, ce qui m’a énormément apporté, j’ai du matériel à la pointe de la technologie, un staff en or qui me suit et de supers coéquipiers. Mais à côté, je travaille pour me payer tous mes déplacements, inscriptions, logement… Heureusement que ma famille est derrière pour me soutenir.
J’ai intégré la liste des sportifs de haut niveau en 2015 et 2016 avec la FFVL (Fédération Française de Vol Libre, ndlr) et suite à mes résultats 2017 je suis à nouveau sportive de haut niveau au sein de la FFV (Fédération Française de Voile). Ce statut me permet un aménagement pour valider mon DEJEPS Glisses Aérotractées Nautiques sur 2 ans, que j’ai commencé l’année passée.

alexia-fancelli photo 421Sport

alexia-fancelli photo 421Sport

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Qu’est ce qui te plaît le plus dans le kitesurf ? Il y a un très bel esprit dans ce sport…

J’aime cette sensation de liberté, bien qu’en France et notamment dans le Sud, pas mal de spots deviennent interdits au kite, ce qui surpeuple le peu qu’il reste. Bon, malgré ça, c’est quand même toujours super sympa de retrouver les copains sur l’eau, partager les sessions et les afters session. D’ailleurs chacune d’entre elles sont différentes, il n’y a pas de routine.

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Quelles sont les qualités à avoir pour être une bonne kitesurfeuse ?

Ne pas être frileuse en cette saison hivernale ahah ! Il y a plein de bonnes kitesurfeuses avec des qualités et des tempéraments différents mais je pense qu’il faut surtout être persévérante, ne pas être une mauvaise perdante et surtout garder en tête qu’on fait du kite avant tout pour se faire plaisir.

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Pratiques-tu d’autres sports de glisse ?

Comme je te l’ai dit, selon les conditions de vent je fais du foil, du strapless, un peu de twin tip donc mon emploi du temps est déjà bien rempli !
S’il n’y a pas de vent et qu’il y a des petites conditions pour surfer, je sors mon egg 6’8 et je vais me faire quelques vagues. A l’occasion, je monte aussi à la neige pour faire du snowboard.


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Un petit mot sur tes adversaires au niveau mondial, Daniela Moroz et Elena Kalinina ? Vous vous êtes bien tirées la bourre cette année…

Cette année ça a été très serré avec Elena, j’ai fini devant au Championnat d’Europe mais c’est elle qui a eu le dernier mot au Championnat du Monde. C’est très frustrant parce que dès qu’il y a plus de 12 nœuds j’ai une belle avance sur elle, mais quand ça commence à devenir très light elle repasse en tête. J’ai énormément progressé cette année, pour les mois à venir je vais m’entraîner plus souvent dans le vent très léger pour la dominer dans toutes les conditions.
Daniela était comme intouchable pendant toute la saison mais au Championnat du Monde, Elena et moi sommes arrivées à faire des manches devant elle et à lui mettre la pression. Je pense que nous sommes arrivées à réduire l’écart de performance, il va falloir encore de l’entraînement pour lui passer devant l’an prochain mais je suis remontée à bloc !


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Tu termines médaille de bronze au Championnat du Monde de Formula Kite à Oman, quel bilan tires-tu de ces Mondiaux ?

J’ai été très heureuse et déçue en même temps. Heureuse car mon objectif était de faire un podium, en 2016 j’avais fini à la 4ème place et je voulais vraiment être sur une des marches cette année.
Déçue car jusqu’à la dernière manche j’étais 2ème, malheureusement le vent est tombé pendant la manche, à certains endroits du plan d’eau nous n’avions même pas les six nœuds limites et je me suis retrouvée collée dans une molle. Mais je suis super contente de ma performance, je me suis rendue compte que j’allais vite et que je pouvais encore aller plus vite en continuant à m’entraîner.

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Quels conseils donnerais-tu aux jeunes filles qui voudraient se mettre au kite ?

Lancez-vous ! Il y a énormément de jeunes qui se mettent au kite tous les ans, les premiers cours peuvent décourager un peu car on se prend de bonnes gamelles, mais la première sensation de glisse nous fait oublier les heures de galères qui ont précédé. Regardez des vidéos, ça aide énormément pour l’apprentissage.
Ensuite, il faut se dire que le kite c’est au début un sport, et qui devient un mode de vie. On va à la plage pour naviguer, se faire plaisir mais on rencontre aussi du monde, on partage des sessions avec les copines, on prévoit les vacances en fonction des spots de kite. Attention, vous allez vite devenir accros !

Alexia Fancelli (Photo Toby Bromwich)

Alexia Fancelli (Photo Toby Bromwich)

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Etre nommée pour le titre de Marin de l’Année 2017, ce fut une belle consécration à tes yeux ?

Je ne m’y attendais absolument pas, c’est mon coach Ariane (Imbert, ndlr) qui me l’a annoncé à Oman quelques heures après le podium. J’étais très heureuse d’avoir mon nom à côté de légendes comme Antoine Albeau et les autres. Bon je me doutais que je n’allais pas être élue, vu les performances des autres nommés (c’est Thomas Coville qui a été désigné Marin de l’Année 2017, ndlr) mais ça reste une bonne expérience à renouveler l’an prochain !

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Quels sont tes prochains objectifs ?
Pour l’instant je ne connais pas encore mon programme, on a eu les dates du Pro Tour mais on attend le calendrier complet de l’an prochain avec les dates IKA.
Comme je vais devoir valider une grosse partie de mon DE en 2018, je vais me concentrer sur les compétitions les plus importantes. Je vais essayer de trouver de nouveaux partenaires et mon objectif est de devenir Championne du Monde 2018 !

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